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Des outils de taille plus réduite fonctionnant sur le même principe permettent la réduction en poudre d’autres types de végétaux (légumineuses, plantes, racines, tubercules) et l’écrasement en fines particules de matières minérales et animales, utilisées par exemple pour la confection des vases en céramique (silex, os…) ou comme colorants (ocre). |
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Cependant, les différents contextes géographiques et culturels font apparaître une polyvalence et un usage complexe de ces outils. Les sites archéologiques du Néolithique livrent toute une série d’outils dont la fonction ne peut être éclairée que par des reconstitutions expérimentales. |

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Les meules à grains et leurs molettes sont confectionnées dans des grès durs, abondants dans tout le Bassin parisien. Lors de la recherche des blocs naturels, on sélectionnera des blocs aux dimensions prédéfinies, avec au moins une face très plane. Cette étape importante permet de réduire la durée de préparation de l’outil, qui peut prendre plusieurs jours. L’outil est fabriqué plutôt sur le lieu d’origine du bloc naturel, ce qui évite de déplacer inutilement des blocs lourds et parfois inadaptés sur plusieurs kilomètres. |
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Plusieurs procédés techniques sont mis en œuvre pour façonner ces outils. Une première étape vise l’aménagement de la forme générale de l’outil, par détachement d’éclats au percuteur. Des percuteurs plus légers, ou des pièces intermédiaires en silex peuvent également être utilisés pour corriger le profil des meules et des molettes. Ces dernières doivent parfaitement s’imbriquer l’une avec l’autre pour piéger correctement la matière à broyer, comme des aliments entre deux mâchoires. |
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La régularisation de la face supérieure, appelée aussi face active, s’effectue par piquetage à l’aide de percuteurs en pierre de dimensions variables. Cette opération rend la surface très rugueuse, pour que cette dernière puisse, à l’image d’une râpe, déchirer et écraser les grains de céréales. En outre, un lien existe entre la nature du piquetage et la qualité du produit fini. |
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Au fur et à mesure du broyage des grains, la surface active va s’user : entre chaque phase de « mouture », l’entretien de la surface est effectué par piquetage. Ce « réavivage » s’avère nécessaire au bon fonctionnement de la meule durant les quinze années de sa vie. |

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L’expérimentation appliquée aux meules et molettes permet de mieux cerner les caractéristiques de chaque type d’outils. La qualité des grès utilisés, l’adaptation de la forme des outils au geste ou encore l’efficacité de l’opération de broyage peuvent être approchés par ce biais. La reconstitution des meules et molettes à l’identique des pièces archéologiques permet de retrouver les techniques et les gestes de fabrication et d’utilisation des outils néolithique. |
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Nous avons broyé trois types de céréales (blé tendre, orge vêtu, épeautre) pendant près de 4 heures à chaque fois sur deux meules différentes. Chaque paramètre (durée du travail, quantités de grains, qualités de grès) a été rigoureusement enregistré afin de comparer les résultats de chaque test. On note de grandes différences dans l’aspect de l’usure, la qualité des farines obtenues ou encore le temps nécessaire pour broyer tel ou tel type de céréale. |
Ces deux étapes peuvent être effectuées sur les mêmes outils ou sur des outils bien distincts. L’expérimentation nous a permis dans ce cas précis de tester l’efficacité de différents outils et de différents grès pour chacune de ces deux étapes de préparation.

Mais plus encore, l’expérimentation nous a permis de déterminer la fonction exacte de meules et molettes archéologiques retrouvées sur les sites du Néolithique le plus ancien du Bassin parisien. La comparaison des traces d’utilisation sur les meules expérimentales et archéologiques nous permet en effet de déterminer quelles substances ont été réellement broyées par les populations du Néolithique. En dehors des céréales, matières dures animales (os) et matières minérales (colorants) semblent avoir été broyés sur ces outils.
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Une méthode de reconnaissance des traces d’utilisation a été mise en place, par observation des surfaces actives à la loupe binoculaire jusqu’à cent fois. A l’échelle microscopique, les déformations de la surface et des grains de quartz contenus dans le grès sont en effet caractéristiques de la nature de chacun des matériaux broyés. |
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Grâce à cette méthode, nous avons pu distinguer par exemple deux étapes de transformation des céréales sur les meules archéologiques. |
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Le décorticage qui consiste au détachement de l’enveloppe entourant le grain, diffère ainsi de l’étape de mouture, soit d’écrasement des grains proprement dit. |
Par ce type d’approche, on peut donc mieux appréhender l’insertion des meules et molettes dans le système technique des communautés Néolithique. La connaissance des pratiques alimentaires et domestiques demeure l’objet privilégié de telles recherches en Préhistoire.
C. Hamon - Post-doctorante - UMR 7041 Maison de l'archéologie et de l'ethnologie Nanterre Haut de la page Retour